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Bah Oury : « On a perdu le sens du travail »

Bah Oury : « On a perdu le sens du travail »

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Le Premier ministre Bah Oury appelle les Guinéens à se préparer à trois années qui, selon lui, ne seront pas faciles. Lors de la présentation du portefeuille des programmes, projets et réformes du ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, il a appelé à davantage d’efforts, de résilience et de sacrifice.

« Nous avons un tournant très important. Si je dis que ces trois années à venir seront faciles, je vous aurai menti. Il faudra beaucoup d’efforts. Il faudra de la résilience. Il faudra un sentiment de sacrifice pour que nous sortions de ce qui nous plombe », a déclaré Bah Oury.

Pour le chef du gouvernement, les transformations attendues nécessitent également un changement des habitudes.

« La facilité ne construit absolument rien du tout. Et toutes les nations qui se sont construites l’ont été parce que d’autres ont porté le sacrifice pour que par la suite, les générations suivantes puissent vivre mieux. Donc, la génération actuelle, nous avons des efforts à faire pour changer nos habitudes », a-t-il insisté.

L’agriculture au cœur de son message

« Prenez la question agricole, qui est le secteur principal pourvoyeur d’emploi. Regardez nos campagnes pendant la pluie. Il n’y a pas d’activité. Vous ne voyez pas les gens. Ailleurs, prenez les corridors, les routes, il y a des champs partout. Vous voyez la trace comme quoi il y a des personnes qui ont cultivé », a-t-il fait remarquer.

Le Premier ministre a ensuite rapporté une réflexion qu’il attribue à l’ancien dirigeant cubain Fidel Castro lors de son passage en Guinée avec le président Ahmed Sékou Touré.

« Grosso modo, je n’étais pas là, mais ce que j’ai appris, il avait dit que la Guinée ne devrait pas du tout tendre la main pour se nourrir », a raconté Bah Oury.

Il en tire un constat sur le rapport au travail dans le pays : « Cela veut dire qu’ici, il faut qu’on remette les paramètres en ordre. On a perdu le sens du travail », a-t-il déclaré.

Bah Oury interpelle les Guinéens sur Simandou

Le Premier ministre a également pris l’exemple du projet Simandou pour évoquer la participation des Guinéens aux opportunités d’emploi liées aux grands projets.

« Il n’y a pas de statistiques, mais nos amis syndicalistes peuvent le savoir. Certes, il y a des Guinéens mais la plupart viennent d’ailleurs. Pourquoi nos compatriotes ne vont pas là où se trouve le travail ? Cela aussi, il faut s’interroger », a-t-il déclaré.

Bah Oury a ainsi appelé à mieux préparer les Guinéens à saisir les opportunités professionnelles disponibles. « Il faut qu’on amène nos compatriotes à travailler. Il faut qu’on les amène à aimer le travail », a-t-il insisté.

Il a poursuivi : « Si on veut, on peut. Mais des fois, on a l’impression qu’on ne veut pas. Parce que pour changer, il faut suer. Tu mangeras à la sueur de ton front. Ce n’est pas moi qui l’ai dit, ça fait partie des dix commandements », a-t-il ajouté.

« Acceptons de suer pour vivre mieux »

Pour Bah Oury, les difficultés annoncées doivent être considérées comme une étape nécessaire pour construire l’avenir.

« Acceptons de suer pour vivre mieux, relever le défi, continuer la trajectoire qui est engagée pour que dans les dix années à venir, ce pays soit un grand pays économiquement solide, avec un peuple prospère où il fera bon vivre », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre estime que les efforts de la génération actuelle doivent permettre de préparer de meilleures conditions pour les générations futures. Il a également fait le lien entre cette ambition et les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

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