
« Nos peuples n'attendent pas de nous des communiqués, mais des emplois » : Doumbouya recadre la CEDEAO
« Nos peuples n'attendent pas de nous des communiqués. Ils attendent de l'eau, des routes, des usines, de l'énergie, des marchés ouverts et des emplois pour leur jeunesse. » C'est par cet appel fort que le président Mamadi Doumbouya, a marqué ce dimanche sa première participation à une conférence des chefs d'État de la CEDEAO depuis son accession au pouvoir en Guinée.
À Lungi, en Sierra Leone, le chef de l'État a livré un discours sans concession, exhortant l'organisation sous-régionale à revoir ses priorités. Selon lui, la CEDEAO doit se concentrer davantage sur le développement économique et le bien-être des populations que sur les sanctions contre les États membres.
« Les sanctions ne sont pas la solution. Notre sous-région a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe quand elle devait être le dernier recours », a-t-il déclaré, estimant que ces mesures frappent avant tout les populations.
Pour le président guinéen, une communauté régionale ne peut remplir sa mission si elle contribue à appauvrir les citoyens qu'elle est censée protéger. « Une communauté forte n'est pas celle qui sait le mieux sanctionner ses membres. C'est celle qui sait le mieux les faire prospérer ensemble », a-t-il martelé.
Mamadi Doumbouya a également plaidé pour une réforme de la CEDEAO. Évoquant la place des militaires dans l'organisation, il a rappelé que dix des quinze chefs d'État ayant fondé la CEDEAO en 1975 étaient des militaires, estimant que leur uniforme ne devait pas être un motif d'exclusion de la vie communautaire.
Guineediaspo
