
Sénégal : la déclaration de patrimoine de Diomaye Faye au cœur d’un bras de fer à l’Assemblée
La déclaration de patrimoine du président Bassirou Diomaye Faye s’impose comme l’un des sujets sensibles examinés ce lundi 17 août par l’Assemblée nationale sénégalaise.
Contrairement à certaines interprétations, il ne s’agit pas d’un refus du chef de l’État de se soumettre à cette obligation. Le débat porte principalement sur les règles encadrant la déclaration et la publication du patrimoine des plus hauts responsables de l’État.
Une proposition de loi visant à modifier l’article 37 de la Constitution est actuellement au centre des discussions. Des députés souhaitent notamment renforcer les obligations pesant sur le président de la République, avec une déclaration à l’entrée et à la fin du mandat.
Face à cette initiative, le ministre de la Justice a proposé d’élargir également ces dispositions au Premier ministre et au président de l’Assemblée nationale. Une évolution qui donne au débat une dimension politique particulièrement sensible, alors que les relations entre l’exécutif et le Parlement connaissent une période de tensions.
Le contexte est d’autant plus important que l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) vient de publier les listes provisoires des personnes ayant satisfait ou non à leur obligation de déclaration. Sur plus de 3 000 personnes concernées, 56 % étaient en règle. L’OFNAC rappelle par ailleurs que la déclaration de patrimoine est désormais encadrée par la loi n°2025-13 relative à la déclaration de patrimoine.
Au-delà du cas du président Diomaye Faye, c’est donc une question plus large qui se joue à l’Assemblée : jusqu’où doit aller la transparence financière des responsables publics sénégalais ?
Les débats parlementaires pourraient déboucher sur une évolution importante du dispositif et renforcer les exigences de transparence au sommet de l’État.
Guineedispo
